Appel à
candidature
A la charnière entre la préhistoire et l’histoire, la
protohistoire constitue un lieu d’observation privilégié pour la compréhension
des atouts et des faiblesses spécifiques aux méthodes et aux sources de
l’archéologie pré- et protohistorique. Dans cette perspective, il s’agira
d’évaluer l’impact des choix méthodologiques des archéologues sur la pratique
et le développement de la discipline, de la fin du 19ème siècle à aujourd’hui.
Ces choix interviennent à plusieurs niveaux :
- sur le terrain : sélection des sites fouillés, méthodes de
fouille appliquées, choix des données recueillies, type de documentation
adoptée (cahiers de fouille, dessins, photos, etc.) ;
- lors du traitement des artefacts : critères de classement
retenus et répartition des compétences (de l’archéologue polyvalent à
l’intervention de spécialistes : archéozoologues, anthropologues, paléobotanistes, dendrochronologues,
physiciens, numismates, etc.) ;
- dans les publications (scientifiques et grand public) :
organisation et hiérarchisation des données ; relation entre la présentation
des données et les cadres explicatifs ; articulation du lien entre artefacts et
contexte archéologique ; choix des données publiées en fonction des
destinataires.
Ce séminaire se propose d’analyser, d’une part, ce que reflètent
ces choix méthodologiques opérés à chacune des étapes de la recherche
archéologique et, d’autre part, de voir de quelle façon ils influencent les
archéologues dans leur pratique. Il s’agira également de mesurer le degré de
partage entre les options choisies en protohistoire et celles suivies dans le
cadre de recherches portant sur des périodes plus anciennes ou plus récentes.
Quelques pistes pour aborder ces questions
- L’individu face à la discipline archéologique : influences et
motivations dans les choix méthodologiques, parcours personnel, social et
scientifique des archéologues.
- Rôle de la spécialisation et de la professionnalisation dans
le développement de l’archéologie au 20ème siècle.
- L’archéologie et ses relations aux sciences naturelles, du
discours à la pratique : stratégies de persuasion ; débats ; impact des
sciences naturelles sur la définition des problématiques archéologiques.
- Le site comme laboratoire scientifique réinventé : reprises de
fouilles, réévaluation documentaire, redéfinition des problématiques, révision
des interprétations, etc.
Organisation et déroulement de l’atelier
Tous les participants (doctorants et enseignants) auront lu les
contributions (5-6 pages) de chacun des doctorants, préalablement reçues.
Durant l’atelier, les matins seront consacrés aux présentations orales (30
min.) des doctorants, développant soit un aspect de la contribution écrite,
soit un problème méthodologique spécifique à leur recherche ou encore une
partie de leurs résultats. Puis, un intervenant désigné à l’avance parmi les
doctorants commentera et critiquera (20 min.) la contribution écrite de son
collègue en tenant compte de la présentation orale de ce dernier. Cette formule
favorisera l’interaction entre doctorants et ouvrira la discussion. Les
après-midi seront consacrés à des ateliers animés par les enseignants invités,
autour d’un thème en lien avec les présentations du matin.
Le programme sera établi ultérieurement, en fonction du nombre
de participants et des thèmes abordés.
L’atelier accueillera entre 10 et 15 doctorants.
Les présentations se feront en français ou en anglais.
Encadrement
- Philippe Boissinot, Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales, Toulouse
- Gilbert Kaenel, Université de Genève
- Marc-Antoine Kaeser, Université de Neuchâtel
- Laurent Olivier, Musée d’archéologie nationale, Saint Germain-en-Laye
- Nathan Schlanger, Institut National de Recherches
Archéologiques Préventives, Paris
- Stéphane Verger, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris
Le dossier de candidature devra comprendre :
- une lettre de motivation incluant une brève présentation du
sujet de thèse,
- un CV,
- un résumé de la communication écrite prévue,
- une lettre de recommandation du directeur de thèse.
Le tout est à envoyer jusqu’au 30 avril 2009 au professeur
responsable du séminaire :