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email : nda@msh-paris.fr.

ISSN : 0242-7702

 

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2002,
80 pages, 14 € euros
isbn  commission paritaire des publications : n°71201

Numéro 088
LA RECHERCHE ARCHÉOLOGIQUE EN FRANCE : bilan 1995-1999 du conseil national de la recherche archéologique
 

RÉSUMÉ

La tête dans les étoiles & les pieds sur terre (à moins que ce ne soit l’inverse, année du Cirque oblige !)
" L’absence de preuves n’est pas la preuve de l’absence ". Forte de cette conviction, une équipe franco-tchadienne dirigée par Michel Brunet (université de Poitiers/Cnrs) vient de publier Sahelanthropus tchadensis
, découvert en juillet 2001 dans le désert du Djourab, au nord de N’Djamena : un crâne vieux de 6 à 7 millions d’années, rebaptisé Toumaï (" espoir de vie " en langue gouran), qui élargit singulièrement le berceau de l’humanité…
La veille de sa publication dans Nature
, du toit de la Grande Arche de la Défense, l’artiste Jean-Marc Philippe lançait le projet KEO, soutenu par l’Agence spatiale européenne, Aerospatiale, Arianespace, le Commissariat à l’énergie atomique, le Centre national d’études spatiales et le ministère des affaires étrangères. Dans deux ans, ce satellite lancé en orbite autour de la Terre emportera les messages qu’aura bien voulu lui confier l’humanité du xxie siècle avec un diamant où seront incrustées quatre petites sphères d’or : la première contiendra une goutte de l’eau d’un océan ; la deuxième, un petit volume d’air ; la troisième, de la poussière de terre et la dernière, une goutte de sang humain, signature génétique de l’espèce. L’aventure durera… 50 000 ans !
Plus prosaïquement, au début de l’été 2002, le Premier Ministre affichait son intention d’augmenter de façon conséquente le budget de la recherche pour atteindre, à l’horizon 2010, 3 % du produit intérieur brut de la France., et le ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale & de la recherche disait vouloir réconcilier les sciences exactes et les sciences de l’homme et de la société dans un nouvel humanisme.
Le Ministre de la culture & de la communication signe l’avant-propos du Bilan de la recherche archéologique 1995-1999
que publient, c’est une première, les Nouvelles de l’Archéologie.
Le 11 juillet, le ministre installait une commission chargée de réfléchir à une nouvelle proposition des rôles entre l’état et les collectivités locales en matière de protection du patrimoine.
En dépit des alternances politiques et des cohabitations successives, l’archéologie française s’est engagée, depuis une quinzaine d’années, dans un très profond mouvement de réformes structurelles. Cette évolution s’exprime clairement dans les bilans que dresse tous les quatre ans le Conseil national de la recherche archéologique (Cnra), qui a pris la suite du Conseil supérieur de la recherche archéologique (Csra), présidé successivement par Christian Goudineau et Jean-Marie Pesez.
Créé par un décret du 27 mai 1994, le Cnra est un conseil consultatif placé auprès du ministre de la culture & de la communication, qui en est le président. Sous réserve des compétences attribuées aux commissions interrégionales de la recherche archéologiques (Cira), il est compétent pour toutes les questions relatives aux recherches archéologiques sur le territoire national. Il est notamment chargé d’examiner et de proposer toute mesure relative à l’étude scientifique du patrimoine archéologique et à son inventaire, à la publication et à la diffusion des résultats de la recherche ainsi qu’à la protection, à la conservation et à la mise en valeur de ce patrimoine. Outre son président, il comprend trois membres de droit, douze élus par les Cira à raison de deux par commission et onze nommés par le ministre en raison de leurs compétences scientifiques, dans le respect de l’équilibre entre disciplines. Le vice-président, choisi parmi ces derniers, est aujourd’hui Michel Gras, qui a succédé à Michel Reddé en 1999.
Le Bilan de la recherche archéologique 1995-1999
aide à mesurer l’importance prise par l’archéologie préventive, en termes quantitatifs et qualitatifs. Grâce au nouveau cadre législatif et institutionnel mis en place il y a quelques mois, cette archéologie préventive va pouvoir être mieux gérée, en adéquation avec les autres partenaires du dispositif institutionnel (Cnrs, universités, collectivités territoriales, musées, associations) appelé à évoluer en fonction de la nouvelle donne.
Le bilan met aussi l’accent sur les insuffisances de l’archéologie métropolitaine de terrain en termes de programmation. La carte archéologique, outil d’enregistrement indispensable à cette programmation, présente encore trop d’imprécisions pour jouer pleinement son rôle (le système PATRIARCHE a été conçu pour y remédier). En amont et en aval de son application, le Cnra repère deux étapes de l’activité archéologique qui devraient être mieux encadrées par des mesures programmatiques. Avant la fouille, il faudra mieux définir les lacunes à combler, afin de mieux cibler les interventions sur le terrain. Après la fouille et la production de l’étude descriptive élémentaire, il faudra intégrer les nouvelles données dans des problématiques synthétiques mises en œuvre par des collectifs de chercheurs. La première étape, aujourd’hui inexistante, reste à construire entièrement. En revanche, des instruments de programmation postérieure à la fouille ont déjà fait l’objet d’essais fructueux sous diverses formes : groupements de recherche (Gdr) du Cnrs, actions thématiques programmées (Atp) pluri-institutionnelles, projets collectifs de recherche (Pcr) du ministère de la culture & de la communication ; tout récemment, lancées conjointement par l’Inrap, le ministère de la culture et le ministère de la recherche ont lancé conjointement, avec un budget bien supérieur, les actions collectives de recherche (Acr) (première évaluation dans un prochain numéro).
Tirant la conséquence logique de ses analyses, le Cnra souligne, dans son bilan, combien la dimension territoriale de la recherche archéologique est essentielle pour éviter une archéologie " opportuniste ". Les questions à résoudre exigent l’étude approfondie de zones qui excèdent très largement la surface du seul site. L’échelle micro-régionale représente un espace minimum de réflexion et d’action, puisqu’il est financièrement impensable d’étudier de manière exhaustive l’ensemble du territoire. Le problème qui se pose alors, celui de l’échantillonnage, implique que soit résolue la participation des différents niveaux du maillage administratif actuel, dans le cadre d’une décentralisation intelligente.
En conclusion, le bilan formule des propositions en matière de programmation et de prospectives, qui préfigurent les missions essentielles d’un Cnra rénové dont les statuts sont en cours de discussion : un Cnra plus interdisciplinaire, placé sous une double tutelle culture & de la communication d’une part, jeunesse, éducation nationale & recherche d’autre part ; un Cnra recentré sur des missions d’expertise scientifique, après redéploiement d’une partie de ses activités actuelles au niveau des Cira ; un Cnra qui substituerait par exemple, la notion de " recherche d’intérêt national " à celle de " site d’intérêt national ".
Les précédents bilans quadriennaux de la recherche archéologique en France ont été édités par La Documentation française. Souhaitant mieux diffuser ses travaux auprès de la communauté scientifique, et les diffuser plus rapidement, le Cnra a retenu cette fois Les Nouvelles de l’archéologie
, qui ont déjà publié ses treize premiers avis dans le n° 87. Les réflexions cruciales qu’il a conduites sur les procédures d’échantillonnage et de diagnostic le seront dans le n° 89.
Dans quelle mesure le changement de majorité politique affectera-t-il la restructurat

Head in the stars and feet on the ground (unless it is the contrary, because of the year of circus!)
 ‘Lack of evidence is not the evidence of lack’. Strong with this conviction, a Franco-Chad team directed by Michel Brunet (University of Poitiers/Centre national de la recherche scientifique, Cnrs.) has just published sahelanthropus tchadensis, discovered in July 2001 in the Djourab desert, North of Ndjamena: a skull dating back from six to seven million years ago, renamed Toumai − ‘Life’s hope’ in Gouran language −, which widens the cradle of humanity in a spectacular way.
The day before its publication in Nature
, from the roof of the Grande Arche in La Défense, the artist Jean-Marc Philippe launched his project called KEO, sponsored by the European Spatial Agency, Aérospatiale, Arianespace, the Atomic Energy Commission, the National Spatial Study Centre and the Ministry of Foreign Affairs. In the next two years, the satellite put into orbit around the earth will take the messages entrusted with it by the humanity of the 21st c., along with a diamond in which four little gold spheres will be incrusted: the first one will contain a drop of ocean water; the second, a little volume of air; the third, earth dust, and the last one, a drop of human blood, the genetic signature of the species. The adventure will last… 50,000 years!
More prosaically, early in the summer of 2002, the Prime Minister flaunted his intention to increase considerably the budget of research in order to reach 3% of the gross national product of France by the year 2010 and the Minister of Youth, National Education and Research said he wanted to reconcile exact sciences with humanities and social sciences into a new humanism.
The Minister of Culture and Communication signs the foreword of The
Assessment of archaeological research 1995-1999, which is published for the first time in Les nouvelles de l’archéologie.
On July 11th, the Minister inaugurated a commission in charge of thinking over a new proposal about the roles played by the State and the local collectivities in the protection of cultural heritage.
In spite of changeovers of political power and the successive cohabitations, French archaeology has been involved in an in-depth process of structural reforms over the last fifteen years. This evolution is clearly explained in the assessments carried out every four years by the Conseil National de la recherche archéologique (
Cnra), which took over from the Conseil supérieur de la recherche archéologique, directed by Christian Goudineau, then Jean-Marie Pesez.
Created by statutory order on May 27th, 1994, the C.N.R.A. is a consultative committee advising the Minister of Culture and Communication who acts as its President. With the exception of the power granted to the Commissions Interrégionales de la Recherche Archéologique
(Cira), the committee is qualified to answer all questions about archaeological research on national territory. In particular, it is in charge of examining and putting forward any measure concerning the scientific study of archaeological heritage and its inventory, about the publication and communication of research results as well as the protection, conservation and exploitation of this cultural heritage. Besides its President, it has three ex-officio members, 12 elected by the Cira on the basis of two by each committee, and eleven appointed by the Minister for their expertise, respecting the balance between the fields. The vice-president, chosen among the latter, is currently Michel Gras, who succeeded Michel Reddé in 1999.
The Assessment of archaeological research 1995-1999
gives an indication of the importance taken by preventive archaeology, in terms of quantity and quality. Thanks to the new legal and institutional framework created a few months ago, this preventive archaeology will be better managed, in accordance with the other partners of the institutional system (Cnrs, Universities, territorial collectivities, museums, associations) set to evolve in correlation with the new framework.
The assessment also highlights the weaknesses of field-based metropolitan archaeology in terms of planning. The archaeological map, an essential means of recording for this planning is still too vague to really play its role (PATRIACHE system was created to solve this issue). Before and after its application, the Cnra points out two steps in the archaeological activity which might be better framed by planning measures. Before excavations, the gaps to be filled will have to be better defined so that field interventions are better targeted. After excavations and the first elementary descriptive study, new data will have to be integrated in synthetic questionings carried out by researchers’ collective studies. The first step, currently inexistent, still has to be built from scratch. On the contrary, planning tools used after the excavation have already been successfully tested under different forms: research groups at the Cnrs, planned cross-institutional thematic actions, collective research projects of the Ministry of Culture and Communication; recently, Inrap, the Ministry of Culture and Communication and the Ministry for Research launched together, with a more important budget, the collective research actions (the first assessment will appear in the forthcoming issue).
Drawing logical conclusions from its analysis, the Cnrs highlights, in its assessment, how essential the territorial dimension of archaeological research is in avoiding an opportunistic archaeology. Questions to be solved require a thorough study of areas which exceed very much the surface of the site itself. The micro-regional scale represents a minimum space for reflection and action, because it is financially implausible to study the whole territory in an exhaustive way. The problem is the sampling, which requires the participation of the different levels of the current administrative network to be resolved, in the context of an intelligent decentralization.
In conclusion, the assessment suggests proposals for planning and prospective, which foreshadow the essential missions of a new Cnra, whose statutes are being discussed: a more cross-disciplinary Cnra, placed under the responsibility of Culture and Communication on the one hand, Youth, National Education and Research, on the other hand; a Cnra focused again on missions of scientific expertise, after part of its current activities have been redeployed towards the Cira; a Cnra which would substitute, for example, the notion of ‘national interest research’ for ‘site of national interest’.
The past four-year assessments of archaeological research in France were published by La Documentation française
. This time, the Cnra wanted to communicate its works in a better and quicker way to the archaeological community, and it chose Les Nouvelles de l’archéologie, which have already published its first thirteen opinions in the issue 87. The crucial thinking it conducted about sampling and evaluation processes will appear in the issue 89.
To what extent will the change of political majority affect the current restructuration of the French archaeological system? The underlying concern is justified by two parameters: a budgetary one, because of the uncertain economic growth, against a global financial crisis; a political one, after the ambiguous election which evidenced contradictory hopes: for a less expensive State system, but better investment in Universities and a better-performing research at international level…
All the best for the new term.

 

SOMMAIRE

L'acquisition des matières textiles d'origine végétale en préhistoire.
l'apport des données expérimentales et ethnographiques
Fabienne Médard
[résumé]
[abstract]


Impacts des processus périglaciaires sur la préservation des ossements.
Jean-Baptiste Mallye et al.
[résumé] [abstract]


Paysage urbain, patrimoine et musées.
Le port antique de Marseille
Annie Philippon et Laurent Védrine
[résumé] [abstract]


L'utilisation et la gestion des images numérisées en archéologie
Virginie Fromageot-Laniepce



Numéro d'Identification : 44

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