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2002,
64 pages, 9,15 € euros
isbn
0242-7702
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Numéro
089
Des politiques de l'archéologie en Europe
Dirigé par Armelle Bonis
RÉSUMÉ
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Haute voltige
Comment
faire passer une baisse de crédits pour une augmentation de moyens ?
C’est l’exercice de haute voltige auquel se sont livrés Claudie Haigneré,
ministre délégué à la recherche & aux nouvelles technologie, et
Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture & de la communication, en
présentant à la presse leur premier exercice budgétaire.
Pour donner " un nouvel élan à la recherche et au développement
technologique ", l’État y consacrera 9,5 milliards d’euros en 2003,
soit une progression de 5,3 % par rapport à 2002. Mais cette enveloppe
comprend… 720 millions d’euros de crédits publics non consommés. Dans les
faits, le budget de la recherche baisse de 1,3 % globalement, beaucoup
plus en en crédits de paiement : - 17 % pour le Cnrs, - 6 % pour les
Universités. La situation de l’emploi n’est pas meilleure : au lieu des
1000 créations de postes prévues dans le supérieur et des 125 annoncées dans
les établissements publics scientifiques et techniques (Epst), il y aura 420
ouvertures de postes d’enseignants-chercheurs et 150 suppressions de postes
de chercheurs dans les Epst, dont 137 au Cnrs.
Rares points positifs à souligner : le recrutement de 100 ingénieurs,
techniciens et administratifs et la revalorisation de 5,5 % des
allocations de recherche attribuées aux doctorants. La création de 400
posts-doc de 18 mois, renouvelables une fois, est, quant à elle, ambiguë.
Bien qu’elle s’inscrive dans la continuité du rapport Godelier publié au
printemps à la Documentation française, elle ne semble pas avoir été
accompagnée d’une réflexion de fond sur la future insertion professionnelle
des jeunes docteurs : s’agit-il d’un pré-recrutement, qui se prolongera
ensuite par un recrutement sur concours ? Qu’adviendra-t-il alors de
ceux qui ne bénéficieront pas de tels contrats ? Ou s’agit-il plutôt de
la remise en cause, inavouée, du statut de fonctionnaire dont bénéficient les
personnels en place ?
Dans les universités, la situation est plus opaque encore. Certaines régions
(Rhône-Alpes, Provence-Côte d’Azur) réclament une décentralisation complète
de l’enseignement supérieur quand le Ministre de la jeunesse, de l’éducation
nationale & de la recherche appuie les présidents d’Université, qui
revendiquent une autonomie accrue pour leurs établissements. Parallèlement,
la mise en place de la réforme dite du " 3-5-8 " se fait
dans des conditions préoccupantes. Comme il y aura moins de masters habilités
que de cursus actuels, les nouvelles maquettes doivent intégrer plusieurs
disciplines. Apparemment, cette opération de montage et de réduction relève
du bricolage plus que d’une vraie réflexion proposant des cursus consistants,
novateurs et favorisant l’européanisation des filières. Mais les informations
font cruellement défaut.
Selon les résultats de l’audit des finances culturelles réalisé par le
cabinet KPCG, il manquait en juillet plus de 250 millions au ministère de la
culture & de la communication pour qu’il puisse assumer l’héritage des
" années Lang " et gérer l’existant. Les résultats de
l’arbitrage sont aujourd’hui connus : le budget du ministère de la
culture et de la communication baisse de 4,3 % et repasse sous la barre
symbolique des 1 %. Pourtant, Jean-Jacques Aillagon affiche une forte
progression de ses moyens d’action (+ 3,9 %). Il justifie la
différence entre les lois de finances 2002 et 2003 par la non-consommation
des crédits de paiement destinés à la restauration des monuments
historiques : les " investissements exécutés par
l’État " sur les titres 5 et 6 sont donc amputés de 200 millions
d’euros. " Pour la première fois – explique-t-il – les crédits de
paiement inscrits sont dimensionnés à la hauteur des besoins réels. La
capacité d’intervention du ministère dans le domaines des monuments
historiques n’est donc pas affectée ". Cela n’est pas tout à fait
vrai : les crédits non consommés correspondent en effet à des
autorisations de programmes déjà engagés. Qu’adviendra-t-il, l’année
prochaine, si la situation n’est pas rétablie ?
Jean-Jacques Aillagon, directeur du Centre Pompidou, défendait au printemps
le statut d’exception dont bénéficiait son établissement. Jean-Jacques
Aillagon ministre s’apprête à restructurer en profondeur l’ensemble du
dispositif qui organise les musées nationaux. En accordant au Louvre et à
Versailles la maîtrise de leur personnel et de leurs recettes, il leur
reconnaît une complète autonomie de gestion. En conséquence, la Réunion des
musées nationaux (Rmn)
cessera de prélever leurs droits d’entrée et elle abandonnera son rôle de
mutuelle chargée de coordonner les acquisitions, expositions et publications
des 33 établissements qu’elle fédère. Séparée de la Direction des musées de
France, dont elle relève aujourd’hui, elle deviendra un établissement
autonome directement subventionné et dirigé par un président qui aura pour
mission d’en améliorer " la gestion et les performances
commerciales ". Dans la foulée, le ministère envisage son
rapprochement avec le Centre des monuments nationaux (Monum) et les Éditions du Patrimoine, aujourd’hui éditeur
délégué de la Direction de l’architecture et du patrimoine (Dapa).
Les orientations préconisées par la commission Bady (voir dans ce numéro) en
matière de décentralisation du patrimoine ne sont pas encore connues mais,
selon les informations publiées dans la presse à la veille des Assises des libertés
locales de la région Provence-Côte d’Azur (25 octobre), le Ministre propose
de transférer aux collectivités les travaux de l’Inventaire ainsi que
" la gestion, voire la propriété " des musées d’État et
monuments qui " ne présentent pas d’intérêt national ".
L’archéologie ne serait donc pas concernée, ce qui est une bonne nouvelle, au
vu du recensement réalisé par l’Association nationale des archéologues de
collectivités territoriales (Anact ;
voir dans ce numéro). Pourtant, les opposants à la loi sur l’archéologie
préventive donnent de la voix. Le choix fait par le législateur de
privilégier le principe de responsabilité (individualisation des dossiers)
sur celui d’égalité (taxe parafiscale) perturbe les aménageurs et suscite
leurs protestations. Après le Vice-Président de la Commission des affaires
culturelles du Sénat (voir dans ce numéro), le Député-Maire de Bergerac
proteste contre le coût excessif des devis présentés par l’Inrap pour la fouille de sites
paléolithiques… intervention pour le moins surprenante, puisque les
financements sont pris en charge par la Direction départementale de
l’équipement de la Dordogne. L’enthousiasme suscité par les découvertes
d’Arras, Bordeaux, Clermont-Ferrand ou Saint-Dizier invitent toutefois à ne
pas noircir le tableau : pour peu qu’elle soit vite et bien diffusée,
l’archéologie rencontre aisément l’adhésion de la population et de ses élus.
Et les contre-exemples rapportés par les archéologues suisses et britanniques
(voir dans ce numéro) donnent matière à penser.
Le traitement régulier des petits lotissements, qui étaient jadis rarement
examinés, l’aménagement de nouvelles zones d’aménagement concerté (Zac) ou la
construction de vastes entrepôts logistiques achalandés en flux tendu
démultiplient l’activité de l’Inrap.
Dans la conjoncture actuelle, sa direction scientifique privilégie la levée
de l’hypothèque archéologique sur les terrains à l’obligation de publication.
Du coup, les équipes sont mobilisées en permanence, ce qui suscite
incompréhensions et mécontentements : comment fonctionneront les actions
collectives de recherche (Acr ; voir dans ce numéro) si l’Institut ne
met pas à leur disposition les mois-hommes demandés ? Comme il est peu
probable que le ministère de l’Économie et des finances l’autorise à ouvrir
des postes supplémentaires, la seule solution est sans doute de mettre en
œuvre les recommandations du Conseil national de la recherche
archéologique : « à l’intérieur d’un espace suffisamment grand
et diversifié, tous les types de sites ayant effectivement existé aux
différentes périodes sont statistiquement présents. L’effort de programmation
doit en conséquence porter sur la définition des ces zones échantillons… Deux
autres axes doivent être développés : une réflexion sur les modalités
d’expression archéologique des structures sociales et une coordination de la
collecte et du traitement des données. »
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Acrobatics
How does one pass off a decrease in
credits as an increase in means? Such is the acrobatics exercise that Claudie
Haigneré, deputy Minister for Research and New Technologies, and Jean-Jacques
Aillagon, Minister of Culture and Communication, were engaged in when they
explained their first budgetary year to the press.
In order to give ‘a new impulse to research and technological development’, the
State will invest 9.5 billion euro in 2003, that is to say a progression of
5.3% as compared to 2002. But this sum contains… 720 million euro of unused
public credits. In fact, the research budget falls by an overall 1.3%, and
much more in payment credits: - 17% for the Centre national de la
recherche scientifique (Cnrs), - 6% for Universities. The
employment situation is hardly better: instead of the 1,000 new jobs planned
in higher education and the125 positions announced for scientific and
technical public institutions (Stpi),
there will be 420 new jobs for lecturers and 150 jobs for researchers axed in
the Stpi, including 137 in the Cnrs
A few positive points can be highlighted: the recruitment of 100 engineers,
technicians and administrative staff and the revaluation of 5.5% for
postgraduate studentships attributed to Ph. D. students. The creation of
400 18-months postdoctoral contracts, renewable once, is also ambiguous. Even
though it is in line with Godelier’s report, published last spring in La Documentation française,
it does not seem to be accompanied
by in-depth thinking about the future professional insertion of young
doctors: is it a pre-recruitment which will then be extended to a recruitment
by a competitive exam? What will then happen to those who will be allocated
into such contracts? Or is it rather the unconfessed calling into question of
the civil servant status enjoyed by permanent staff?
In Universities, the situation is much more opaque. Some regions
(Rhône-Alpes, Provence-Côte-d’Azur) call for a total decentralization of
higher education, whereas the Minister of Youth, National Education and
Research backs the presidents of other Universities, who call for an
increased autonomy for their institutions. In parallel, the reform known as
the ‘3-5-8’ is being launched in worrying conditions. Since there will be
fewer accredited Masters than at the moment, the new models have to bring
together several disciplines. Apparently, this process of organization and
reduction is a hotchpotch rather than the product of a real thinking offering
substantial new syllabuses conducive to the Europeanization of the carriers.
But information is bitterly short.
According to the results of the cultural finance audit carried out by Kpcg Company, in July, the Ministry of
Culture and Communication is more than 250 million euro short to pursue the
legacy of the former Minister Jack Lang and to manage the existing state of
things. The results of the arbitration are now known: the budget of the
Ministry of Culture and Communication has fallen by 4.3%, going under the
symbolic threshold of 1%. And yet, Jean-Jacques Aillagon has benefitted from
a huge increase of his means of action (+ 3.9%). He justifies the difference
between the 2002 and 2003 financial laws by the unused payment credits
devoted to the restoration of historical monuments: ‘investments made by the
State’ on titles 5 and 6 are therefore cut by 200 million euro. ‘For the
first time – he explains –
registered payment credits are calculated from real needs. The
intervention capacity of the Ministry in the field of historical monuments is
therefore not affected’. This is not really true: in fact, unused credits
correspond to authorizations of programs which are already under way. What
will happen next year if the situation is not restored?
Jean-Jacques Aillagon, when he was Director of the Pompidou Centre, fought
for the exception status to be applied to his institution. Jean-Jacques
Aillagon, now Minister, is about to restructure the whole system which organizes
national museums. By giving to the Louvre and Versailles the control of their
staff and receipts, he has granted them a complete autonomy of budget.
Consequently, the Réunion des musées nationaux
(Rmn) will stop deducting their
entry fees and give up its role as a trust in charge of coordinating
acquisitions, exhibitions and publications in the 33 institutions it
federates. Separated from the French Museums Direction from which it depends
at the moment, it will become a self-governed institution, directly
subsidized and directed by a President who will have the mission to improve
‘budgetary and commercial performances’. In the wake of these reforms, the
Ministry has been considering a new connection with the Centre des
monuments nationaux and the Éditions du
Patrimoine, currently the delegated editor of
the Architecture and Culture Heritage Direction.
The orientations recommended by the Bady commission (see in this issue) about
the decentralization of cultural heritage are not known yet but, according to
the information published in the press one day before the Local Liberty
Conference of the region Provence-Côte-d’Azur (October 25th), the
Minister suggests transferring to territorial collectivities the Inventory
Direction work of, as well as ‘the budget, or even the ownership’ of State
museums and monuments which ‘do not present a national interest’.
Consequently, based on the survey drawn by the Association nationale des
archéologues de collectivités territoriales
(see in this issue), this would not involve archaeology, which is good news.
However, the opponents of preventive archeological law are raising their
voices. The choice made by the legislator, which amounts to favoring the
principle of responsibility (individualization of the files) upon the equality
(tax) confuses the developers and stirs their protests. After the
vice-president of the Cultural Affairs Committee of the Sénat (see in this issue), the MP and Mayor of Bergerac protests about the
excessive price of the quotations given by Inrap
for the excavations of Paleolithic sites… − a very surprising complaint
since the financing is paid for by the Ministerial Equipment Direction of
Dordogne. The enthusiasm created by the discoveries of Arras, Bordeaux,
Clermont-Ferrand or Saint-Dizier invites, therefore, not to be too
pessimistic: as long as it is quickly and well published, archaeology easily
meets the support of the population and politicians. And the counter-examples
told by Swiss and British archaeologists (see in this issue) give food for
thought.
The regular treatment of little housing estates, which were rarely examined
before, the development of new concerted development areas or the building of
huge logistic warehouses, well-stocked in flow management, increase Inrap’s activity. In the current
context, its scientific direction favors waving the archaeological mortgage
on housing over the obligation of publication. As a result, teams are
permanently mobilized, which creates anger and a lack of understanding: how
will the collective researches actions (see in this issue) work if the
institute does not give them the number of work hours asked for? As it is
unlikely that the ministry of Economy and Finances will entitle it to create
other jobs, the only solution is, perhaps, to apply the recommendations of
the Conseil national de la recherche archéologique (Cnra): ‘Inside a
sufficiently large and varied space, all the types of sites which have really
existed for different periods are statistically present. Consequently, the
planning effort must bear on the definition of these sample areas. Two other
directions must be developed: a reflection on the modalities of
archaeological expression of social structures, and a coordination of the
collection and treatment of data’.
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SOMMAIRE
EDITORIAL: haute voltige
DOSSIER : Des politiques de l’archéologie en Europe
Les services publics de l'archéologie en Suisse : quelles perspectives pour la recherche, le personnel et les administrations ? (Coordination suisse romande des personnels de l'archéologie du Syndicat suisse des services publics)
Le Council for British Archaeology contre la " chasse au trésors "
Éléments pour un bilan de la XIe législature : Allocution d’ouverture prononcée par Philippe Richert, aux Journées juridiques du patrimoine, 5-6 septembre 2002.
Les services territoriaux de l'archéologie : état des lieux (Bruno Dufaÿ)
Chronique d'une décentralisation annoncée (Bruno Dufaÿ)
POLITIQUE DE LA RECHERCHE
Comité national du Cnrs : section 31 : Session d'automne 2001 et du printemps 2002
Comité national du Cnrs : section 32. : Session d'automne 2001 et du printemps 2002
Observatoire national des pratiques de l'archéologie
INFORMATIONS
Opération " BiblioPrague "
Installation de la commission Bady pour une nouvelle répartition des rôles entre l’État et les collectivités locales en matière de protection du patrimoine
Comité scientifique national des Actions collectives de recherche (Acr)
Communiqué de presse du ministère de la Culture et de la Communication : création du Comité scientifique de la grotte de Lascaux
Ouverture de postes d'enseignants-chercheurs au Muséum d’histoire naturelle
Liste des services archéologiques de collectivité territoriale
Chronique de sites Internet n° 4. Date de consultation : 18 août 2002 (Virginie Lanièpce)
ANNONCES
Colloques, congrès, tables rondes déjà tenus ou à venir
Expositions déjà tenues, projets et intentions
RECENSIONS
" Les Nouvelles " ont lu
Numéro
d'Identification : 45
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